La légende attribue la fondation de Barcino à Hamilcar Barca de Carthage, père d'Hannibal. Plus tard, les Romains transforment la ville en camp militaire (castrum) : la planification romaine avait plutôt élu la ville proche de Tarragone
pour administrer la province ibère. Ce camp est centré sur le Mons
Taber, une petite colline près de la place où se trouvent le Palau de la Generalitat
et le gouvernement autonome de la Catalogne (Plaça de Sant Jaume). Le
tracé des rues et des restes des remparts entourant la ville sont
encore visibles de nos jours. Des excavations ont mis à jour une partie
de la cité romaine qui est exposée au Musée d'Histoire de la Ville.
Au Ve siècle, Barcelone est occupée par les Wisigoths venant du centre de l'Europe. Les musulmans prennent la ville au VIIIe siècle et y nomment le gouverneur Sulayman ben Yaqzan ibn al-Arabi, mais en 801, les Carolingiens la conquièrent à la faveur d'une dissension interne d'al-Andalus ; ils la transforment en capitale du comté de Barcelone, avant de l'incorporer à la Marche Espagnole (Marca Hispánica).
Avec le temps, le comté acquit une certaine indépendance vis-à-vis de
la dynastie carolingienne dont le règne se termine officiellement au Xe siècle.
En 985, Al-Mansur, le calife de Cordoue, situé au sud de l'Espagne, attaque et pille Barcelone, emmenant avec lui de nombreux esclaves. Le comte Borell II demande de l'aide à son suzerain Hugues Capet.
Ce dernier ne daignant pas lui répondre, le comte prend une
indépendance de fait. Paradoxalement, cet événement va marquer le début
d'une phase de développement de la Catalogne qui va entraîner les
autres états de la marche espagnole.D'une part de nombreux mozarabes et juifs (en ce temps-là, on ne parlait pas encore de "pureté de sang")
fuyant les persécutions dans le califat de Cordoue vont trouver refuge
dans les anciens états de la marche espagnole amenant leur savoir.
D'autre part pour pouvoir reconstruire les paysans vont louer leurs
services comme mercenaires du calife. Revenu en Catalogne, ils vont
s'organiser pour s'autodéfendre et emploieront les techniques agricoles
utilisées dans le califat de Cordoue. Ils vont construire des moulins,
irriguer la terre. Les échanges commerciaux avec le califat augmentent
rapidement. Il en résulte une poussée démographique et technique dès la
fin du 10ème siècle. La poussée monastique et le developpement du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle va permettre la transmission de cette poussée technique aux autres états de la marche espagnole, puis au reste de l'europe. Culturellement, les connaissances circulent aussi. Le pape Sylvestre II
qui fut considéré comme l'homme le plus cultivé de son temps étudia à
Barcelone , où il complète sa formation dans le domaine scientifique.
Il remet à l'honneur la culture antique à travers Virgile, Porphyre de Tyr, Aristote, Cicéron et Boèce.
C'est par ce dernier qu'il s'initie à l'arithmétique. De là il aborde
les calculs pratiques et fabrique une table à compter, l'abaque dite de
Gerbert. Autre fait majeur, la présence de paysans soldats,
propriétaires de leur moulin va conduire à une interprétation
non-absolutiste du féodalisme. Les rois d'Aragon devront composer avec
leurs tiers états.
La mise en place d'un état féodal en Catalogne au cours du XIe siècle
n'impliqua pas que le comté de Barcelone prit une certaine dominance
sur les autres comtés de la Marca. Barcelone devint le centre d'un
territoire qui comprenait l'actuelle Catalogne, différentes possessions
maritimes ainsi que la confédération catalano-aragonaise pendant une
bonne partie de son histoire. Barcelone fut l'une des principales
puissances méditerranéennes au cours des XIIIe, XIVe et XVe siècles.
À partir du XVe siècle, la ville entre dans une période de déclin avec des alliances dynastiques avec la Castille : un premier mariage a lieu entre Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille (Les Rois Catholiques). Barcelone est une première fois dévastée avec la République de Catalogne (1640 à 1652) puis de nouveau pendant la Guerre de Succession (de 1706 à 1714) qui aura pour conséquence la disparition des institutions propres à la Catalogne (consell de cent et generalitat).
La reprise économique commencée à la fin du XVIIe siècle et l'industrialisation au XIXe siècle permettent à Barcelone de se convertir en un important centre politique et culturel. Pascual Madoz Ibañez,
homme politique et écrivain, sera pendant quelques temps, en 1854,
gouverneur de Barcelone dont il modernisera l'urbanisation en luttant
contre l'épidémie de choléra.
Quelques décennies plus tard, l'Espagne est embrasée par la guerre civile espagnole. Barcelone soutient les Forces Républicaines. La ville est prise par les forces de Franco en février 1939.
Depuis la fin des années 1970,
Barcelone a commencé un nouveau développement culturel et urbanistique,
sous la supervision de Josep Acebillo Marin, qui lui a donné son
attractivité actuelle. Le retour de la démocratie, la participation
croissante de la société civile, des réformes urbaines importantes
ainsi que quelques évènements internationaux comme les Jeux Olympiques d'été de 1992 ont donné à la ville une forte composante cosmopolite et en ont fait une ville très attrayante pour le tourisme international.
En 2003, Barcelone a accueilli le quinzième festival Europa Cantat
Barcelone est la deuxième ville d'Espagne par sa population. La ville est peuplée d'environ 1,593,075 habitants (Barcelonais). L'agglomération compte 3,871,400 habitants, ce qui correspond à la moitié de la population catalane.
Barcelone se trouve sur la côte, au bord de la mer Méditerranée, entre les embouchures des fleuves Besòs et Llobregat. La commune est limitée :
au Nord par les communes de Santa Coloma de Gramenet et Sant Adrià de Besòs
à l'Ouest par les communes de Montcada-i-Reixac et Sant Cugat del Vallès
au Sud par la zone franche (l'Hospitalet et Esplugues de Llobregat)
à l'Est par la mer.
Le relief de la ville se compose de trois parties distinctes : la montagne de la Collserola (avec la cime du Tibidabo qui domine la ville avec ses 512 mètres), la plaine et les deltas du Besòs et du Llobregat marquant les limites urbaines perpendiculaires à la mer. D'autres buttes émergent au-dessus de la plaine littorale, dont la plus fameuse est celle de Montjuïc à 173 mètres, à proximité du port, et ancien site olympique.
Districts et quartiers intéressants (le 07/02/2007 à 14h46)
La ville est divisée en dix districts dont voici la liste (est indiqué pour la plupart d'entre eux les quartier (ville)s intéressants qui s'y trouvent) :
La Rambla est une des avenues les plus connues d'Espagne. Elle est incontournable !
5 parties distinctes :
- Santa Monica : c'est le début
à partir du port et de la statue de Christophe Colomb. En
effet, les rois d'Espagne viendront l'accueillir ici, à son
retour des Amériques.
- Les Capucins : jusqu'au marché
de la Boqueria, donnant sur la Place royale et le palais Güell.
- Les Flors : partie des marchands
de fleurs.
- Estudis : du nom d'un général
et où se concentrent les boutiques d'animaux.
- Canaletes : dernière
partie vers la place de Catalunya.
La grande spécialité reste les "statues
vivantes".
Voici une video (ou plutot "wideo") trés amusante d'une marionette sur la Rambla :
Quartier le plus ancien qui témoigne de la ville médiévale avec la Cathédrale Sainte-Eulalie de Barcelone. Il se divise lui aussi en deux quartiers: El Barri Gòtic et El Raval ou Barri Xino (Quartier Chinois, c'est juste une allégorie).
On y trouve toutes les œuvres de jeunesse d'Antoni Gaudí : les réverbères de la Plaça Reial, par exemple.
Le parc de la Ciutadella est l'endroit où s'est tenue l'Exposition universelle de 1888. Reste de cette époque l'Arc de Triomphe par lequel on entrait dans l'enceinte de l'Exposition et l'actuel Museu de Zoologie dans lequel il y avait alors un café-restaurant.
tient son nom de l'expansion de la ville (en catalan eixample et en espagnol ensanche) qui fut planifiée par l’architecte Ildefons Cerdà. Elle commença en 1859.
À l’heure actuelle, sur une vue aérienne on aperçoit toujours les lignes et
Les contours du quartier. Selon les plans conçus par Cerdà, la superficie de 9 km² est divisée en 550 pâtés de maison appelés "pomme" ("manzana" en Castillan, ce sont des carrés à pan coupés de 113,33 mètres de côté), entrecoupés par des rues et des boulevards parfaitement parallèles, à l'exception de trois avenues : La Méridienne, au nord dont le tracé nord/sud cours le long d'un méridien, La Parallèle au sud dont le tracé est/ouest suit un parallèle, et La Diagonale qui traverse toute la ville du sud-ouest au nord-est.
Chaque bloc d’immeubles devait trouver en son centre des espaces verts ou des jardins potagers pour les habitants, malheureusement vite occupés.
Tous les immeubles sont plus élevés que ce qu’ils avaient été prévus à l’époque selon les plans de Cerdà.
C’est là qu'on trouve la plupart des édifices modernistes de la ville. Il n'est pas rare, en flânant dans ses rues, de tomber sur des façades ornées de motifs floraux, de sculptures, de grilles en fer forgé. On y trouve également la célèbre Sagrada Família, œuvre inachevée d'Antoni Gaudí.
On appelle ce pâté de maison la manzana de la discordia (La pomme de discorde) car les plus grands architectes modernistes construisaient côte à côte et rivalisaient en permanence.
La maison la plus connue reste néanmoins la Casa Milà de Gaudí, surnommée « La Pedrera » (la carrière, en catalan).
Ce parc sur les hauteurs de la ville, fut une commande passée par le comte Güell à Gaudí : la nature et l'architecture se confondent et se complètent en ces lieux.
Jeune architecte, il est d'abord inspiré par Eugène Viollet-le-Duc mais bien vite, il rompt avec le style néogothique
et se fait remarquer par son originalité et sa fantaisie. Dès ses
premiers projets, il fait cohabiter architecture et mobilier. Inscrit
dans la mouvance de l'Art nouveau alors en vogue en Europe, il sera rapidement le porte-étendard du modernismo,
qui en est la variante espagnole. Les principales caractéristiques de
son courant sont l'inspiration dans les formes, la géométrie et les
couleurs de la nature.
Antoni Gaudí sera soutenu notamment par le riche industriel Eusebio Güell, pour lequel il créera le Palais Güell en 1889, ouvrage inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO tout comme la Casa Milà construite en 1907 ou le Parc Güell qu'il aménagea de 1900 à 1914.
En 1883, il est choisi pour entreprendre la construction d'une cathédrale dédiée à la Sainte Famille : la Sagrada Família,
financée par des dons privés. Jusqu'à sa mort en 1926, il se concentre
sur ce projet qu'il considère comme le projet de sa vie. La
construction s'avéra problématique, notamment interrompue en 1914 par
manque de moyens financiers.
De son vivant ne seront réalisés que le chœur et la façade du transept sud (la tour San Barnabé et la façade de la Nativité). Ce monument inachevé est, au début du XXIe
siècle, encore en travaux toujours subventionnés par les dons de
particuliers; ces dernières années ont vu des avancées considérables
dans sa construction. Située, à l'époque, au milieu des champs, elle
est aujourd'hui entourée par la ville.
Le blason de l'Autonomie entourant la ville est un des plus anciens d'Europe ; celui propre à Barcelone résulte d'un mélange avec le blason d'Aragon, comportant une croix de gueules sur fond d'argent : il provient de l'époque de la couronne catalano-aragonaise, qui domina une partie du bassin méditerranéen au XIVº siècle.
( Pour en savoir plus allez voir les photos dans les galeries "photos")